AMECHANON

Revue Internationale du Laboratoire de Recherche en Philosophie Pratique 

ISSN: 2459-2846

 
 
 
 
 
 

Orientation

Mettre au clair, reconnaître, questionner, rouvrir les lieux, les modes philosophiques ainsi que leur cartographie et kinésiologie singulières dans les spacio-temporels de l’éducation. Les modes, les formes, les replis, les récits, les in-corporations de la philosophie pratique, la dé-reconstruction philosophique du concept de l’application, les modes, les formes, les replis, les transmutations, les tournures de la philosophie appliquée, les compréhensions philosophiques du concept, des apparitions, des mouvements, des voix de la praxis au sein des formes de vie.

 
 

Contenu

La Revue Internationale Amechanon est une revue biannuelle, à comité de lecture, révisée par des pairs et elle contient des sections sur:
 
  • Les activités du Laboratoire de Recherche en Philosophie Pratique (L.R.Ph.P.)
  • Les manières de l’approche philosophique/la gestion d’un matériel généralement non philosophique ( de l’ “application philosophique”)
  • Pensées, commentaires, dia-logues, textes critiques qui tentent de cerner le concept de la philosophie pratique & appliquée
  • Textes théoriques autour de concepts et thèmes  à chaque fois sélectionnés  mettant au clair des aspects de la philosophie pratique
 

Responsable de Rédaction & Responsabilité scientifique

Équipe de soutien

Les doctorant(e)s de l’Université d’Égée:

  • Sotirios Bardas (gestion du site Web, mise en forme et mise en page des articles, traductions)
  • Eleni Chronopoulou (mise en forme des articles & traductions)
  • Elena Nikolakopoulou (correspondance, mise en forme des articles & traductions)
  • Eugenia Patta (mise en forme des articles & traductions)

Comité de lecture:

  • Adalberto Carvalho, Université de Porto
  • Filipe Ceppas de Carvalho e Faria, University of State of Rio de Janeiro (UERJ)
  • Jean-Francois Dupeyron, Université de Bordeaux
  • Alekos Théodoridis, Univresité de Thrace
  • Elena K. Théodoropoulou, Universitté d’Egée
  • Arie Kizel, Université de Haifa
  • Walter Kohan, Université de l’Etat de Rio de Janeiro (UERJ)
  • Didier Moreau, Université  de Paris 8 Saint-Denis
  • Pablo Flores del Rosario, ISCEEM, Mexico
  • Jacques Quintin, Université de Sherbrooke
 
 

Appel à soumission d’articles, 2020 – 2022

La Revue Internationale AMECHANON du Laboratoire de Recherche en Philosophie Pratique  (L.R.Ph.P.) invite à la soumission des manuscrits pour son premier numéro dans le cadre de la thématique suivante:

Philosophie Pratique & Performance

Les auteurs sont invités à soumettre leur manuscrit d’article jusqu’à 31 Μai 2022.

Pour soumettre les résumés, veuillez cliquer ICI

Les textes peuvent être soumis en français, anglais ou grec.

Les résumés doivent être écrits en français et anglais (& grec pour les écrivains grecs).

*Des textes en italien, espagnol, portugais & allemand sont également acceptés, à condition qu’ils soient accompagnés d’ un résumé étendu (de 3 à 5 pages) en français ou anglais.

Pour le Normes d’édition & la Mise en forme des manuscrits, cliquez ici

Pour des informations supplémentaires, écrire à l’adresse suivante:    lab-prapl-ph@aegean.gr

POLITIQUE DE PROTECTION DES DONNÉES PERSONNELLES

Le Règlement Général Européen sur la protection des données (RPG – UE 2016/679) est devenu pleinement opérationnel le 25 mai 2018. Dans ce contexte, nous aimerions vous informer que les conditions régissant la soumission d’articles dans le journal Αmechanon ont été modifiées. Les modifications principales concernent la Protection des Données Personnelles afin de satisfaire aux exigences du Règlement Européen sur la Protection des Données.

  1. Collecte et traitement des données personnelles

Lors de la soumission d’articles au journal Amechanon, des données de caractère personnel (ci-après dénommées “données personnelles”) des auteur/es sont collectées, maintenues et traitées via le formulaire de soumission.

Les données personnelles exactes collectées et traitées sont limitées à ce qui est nécessaire pour le processus d’évaluation de l’article et la communication avec l’auteur/e. Ces données, qui ne sont ni communiquées ni divulguées à des tiers, peuvent être visualisées en détail ici.

  1. But de traitement des données personnelles

La collecte et le traitement des données personnelles se font uniquement pour les objectifs suivants:

                   2.1. Soumission et évaluation d’articles

Soumission et évaluation d’articles, selon la politique publiée du journal (processus d’évaluation par les pairs).

                  2.2. Traitement nécessaire afin de sauvegarder les intérêts légitimes de ceux/celles qui soumettent un article.

 Les données soumises par les auteur/es via la forme de soumission d’article  en ligne seront conservées et pourront être soumises à un traitement dans la mesure nécessaire à la fondation, l’exercice ou au support de leurs revendications légales.

  1. Durée de conservation des données personnelles

La forme de demande des auteur/es dont les articles n’ont pas été acceptés, sont supprimés et détruits après une (1) année universitaire.

La forme de demande des auteur/es dont les articles ont été acceptés sont conservées indéfiniment.

  1. Droits des auteur/es concernant les données personnelles

L’Université de l’Égée assure aux auteur/es le droit de traitement de leurs données personnelles et facilite l’exercice de leurs droits.

Les auteur/es d’articles ont le droit de demander:

  1. Accès à leurs données personnelles et aux informations sur les données qui sont traitées, les objectifs du traitement, les destinataires et la durée du traitement,
  2. Correction de leurs données personnelles, si elles sont inexactes ou incomplètes,
  3. Suppression de leurs données personnelles, à condition que les exigences légales soient remplies.
  4. Limitation du traitement de leurs données personnelles,
  5. Portabilité de leurs données, c’est-à-dire la possibilité de recevoir les données fournies dans un format structuré et couramment utilisé ou de demander leur envoi direct à un tiers,
  6. Révocation à tout moment de leur consentement au traitement de leurs données personnelles, y compris leur traitement automatisé pour la mise en forme de leur profil. Dans ce cas, leur traitement sera interrompu, sans que cela affecte la légitimité de tout traitement effectué jusqu’au moment de la révocation de leur consentement.

Il est à noter que dans le cas où les auteur/es considèrent que leurs droits au niveau des données personnelles sont violés,  ils/elles ont le droit de contacter le/la responsable du traitement des données de l’Université d’Égée (dpo@aegean.gr).

Il est rappelé que l’autorité responsable du pays est l’Autorité de Protection des Données à Caractère Personnel (www.dpa.gr, +0030 210.6475.600).

Si les objectifs de ce journal sont à mettre au clair, reconnaître, questionner, rouvrir les lieux, les modes philosophiques ainsi que leur cartographie et kinésiologie singulières dans les spacio-temporels de l’éducation, les modes, les formes, les replis, les récits, les in-corporations de la philosophie pratique, la dé-reconstruction philosophique du concept de l’application, les modes, les formes, les replis, les transmutations, les tournures de la philosophie appliquée, les compréhensions philosophiques du concept, des apparitions, des mouvements, des voix de la praxis au sein des formes de vie, néanmoins cela ne lui évite d’être un journal perplexe/amechanon. Amechanon devant ce qu’il vise à faire, ces qui doivent apparaître, devant leurs formes et leurs replis, les reconstructions et les rebondissements des sens, devant la question du pratique et de l’application, de la philosophie elle-même et de la compréhension philosophique. Amechanon comme inefficace, impuissant, inexpugnabilis, ineluctabilis, inennarabilis, immensus, infinitus, incredibilis, comme un discours déconcertant, se tenant en aporie devant ceux qu’il contient, devant le vaste, comme la mer de l’aporie socratique et son stupeur – comme la stupeur. Discours étranger.
  Σκρατες, κουον μν γωγε πρν κα συγγενσθαι σοι τι σ οδν λλο ατς τε πορες κα τος λλους ποιες πορεν· κα νν, ς γ μοι δοκες, γοητεεις με κα φαρμττεις κα τεχνς κατεπδεις, στε μεστν πορας γεγονναι. κα δοκες μοι παντελς, ε δε τι κα σκψαι, μοιτατος εναι τ τε εδος κα τλλα τατ τ πλατείᾳ νρκ τ θαλαττίᾳ· κα γρ ατη τν ε πλησιζοντα κα πτμενον ναρκν ποιε, κα σ δοκες μοι νν μ τοιοτν τι πεποιηκναι, [ναρκνληθς γρ γωγε κα τν ψυχν κα τ στμα ναρκ, κα οκ χω τι ποκρνωμα σοι. κατοι μυρικις γε περ ρετς παμπλλους λγους ερηκα κα πρς πολλος, κα πνυ ε, ς γε μαυτ δκουν·νν δ οδτι στν τ παρπαν χω επεν. κα μοι δοκες ε βουλεεσθαι οκ κπλων νθνδε οδποδημν·ε γρ ξνος ν λλ πλει τοιατα ποιος, τχν ς γης παχθεης [Μένων, 80a-b]
 J’avais déjà ouï dire, Socrate, avant que de converser [80a] avec toi, que tu ne savais autre chose que douter toi-même, et jeter les autres dans le doute : et je vois à présent que tu me fascines l’esprit par tes charmes et tes maléfices, enfin que tu m’as comme enchanté, de manière que je suis tout rempli de doutes. Et, s’ il est permis de railler, il me semble que tu ressembles parfaitement, pour la figure et pour tout le reste, à cette large torpille marine qui cause l’engourdissement à tous ceux qui l’approchent et la touchent. Je pense que tu as fait le même effet sur moi : car je suis véritablement engourdi [80b] d’esprit et de corps, et je ne sais que te répondre. Cependant j’ai discouru mille fois au long sur la vertu devant beaucoup de personnes, et fort bien, à ce qu’il me paraissait. Mais à ce moment je ne puis pas seulement dire ce que c’est. Tu prends, à mon avis, le bon parti, de ne point aller sur mer, de voyager en d’autres pays : car si tu faisais la même chose dans quelque autre ville, on te punirait bien vite du dernier supplice comme un enchanteur [Μénon, trad. Victor Cousin].
Et si tout cela peut arriver à l’arrière-scène d’un tel journal, sur sa scène, les discours ne semblent nullement être perplexes, tel un paradoxe qui ne peut pas être affronté, seulement être mis au clair dans la mesure du possible. Amechanon suit les mouvements du Laboratoire de Recherche en Philosophie Pratique, essayant de mettre en évidence cette attitude comme une stance du Laboratoire lui-même. Désirant inclure les lacunes, les difficultés, les apories, les implications dans l’exploration et la compréhension des concepts qui entrent dans le cadre de la philosophie pratique, de la sélection, création et mise en valeur des matériaux, des actions, actes et praxis associées au développement d’un tel champ. Dans un sens, cette revue devient un journal de recherche.
 Dans cette 1er volume, nous mesurons des activités passées du L.R.Ph.P. (à l’époque Laboratoire de Recherche en Philosophie Pratique et Appliquée, L.R.Ph.P.A.), développées au cours de l’année académique 2015-2016, essayant de mettre en évidence l’élément de construction lente des pensées et des perceptions, au fur et à mesure que nous abordons par recherche les thématiques qui nous préoccupent.
 La première section [Auditorium], contient des textes théoriques traitant le concept de corps et de sa compréhension philosophique aux différents niveaux (esthétique, anthropologique, moral, historique, éducatif, phénoménologique) dans la foulée d’une réunion scientifique organisée par l’ L.R.Ph.P. en 2016, essayant d’explorer les traces du corps dans une série d’actions et de praxis qui forment lentement une conception de la philosophie pratique, comme elle semble pouvoir les intégrer et les réorganiser. Cette section sera stable et tentera de discuter de concepts ou de thèmes qui peuvent être liés à la philosophie pratique en développant et en affinant davantage cette connexion.
 La 2ème section [Dans le Laboratoire] enregistre les actions du L.R.Ph.P. conçues pour explorer la possibilité de construire de manière philosophique des pratiques de recherche qui seront développées dans les espaces publics (p.x. école, communauté) et de compter les résultats de leurs applications en fonction de la dynamique de leur cadre théorique et de leur lien principalement avec le domaine de l’Art.
 La 3ème section [Théories et pratiques] comprend l’enregistrement des pratiques philosophiques avec des enfants qui ont été développées en dehors de l’ L.R.Ph.P., voire le transfert de la philosophie au champ de l’expérience à travers l’art et la discussion – en posant à nouveau la question de leur pertinence possible pour la philosophie pratique, c’est-à-dire, comment ces pratiques s’inscrivent dans l’expérience et de quelle manière elles le forment.
Enfin, la 4ème section [Entretiens] présente un trajet de recherche personnel par rapport à la philosophie – la manière dont les voies sont ouvertes, à travers la pratique de la philosophie, pour la philosophie elle-même et pour la personne qui la pratique. Dans cette section, l’exploration de l’engagement personnel avec la philosophie comme forme de pratique sera systématisée et intensifiée.
 
 Εκ τε γαρ ουδάμ’εόντος αμήχανόν εστι γενέσθαι
Και τα’εόν εξαπολέσθαι ανήνυστον και άπυστον.
Αιεί γαρ τη γ’έσται, όπη κέ τις αιέν ερείδη
Eμπεδοκλέους, Απόσπ. 12 [Αριστοτέλης] Μ.Ξ.Γ. 2, 975b1
G.S.Kirk & J.E. Raven, M. Schofield, The Presocratic Philosophers
 
Prof. Elena Théodoropoulou
Directrice de L.R.Ph.P.
 
Dossier: «Penser le corps: approches philosophiques»
La section d’Auditorium contient des textes théoriques traitant à chaque fois d’un concept ou d’une thématique considérées comme participant à la formation d’une compréhension de la philosophie pratique, comme elle semble pouvoir intégrer et réorganiser ce concept ou cette thématique, qui au fur et mesure qu’elles sont mises en discussion, peuvent progressivement être liées à la philosophie pratique en développant et en affinant davantage cette connexion.
2016-2019
«Penser le corps: approches philosophiques»
 Plus que l’image, le statut et la place du corps dans l’espace et le mécanisme éducatif, le combat pour ou contre le dualisme corps-esprit, les passages entre intériorité et extériorité, l’incorporé et le vécu, la représentation et la performance, la souffrance et le plaisir, le rapport entre le beau et le laid et l’émergence du monstrueux, plus que la biopolitique et la torture, l’intercorporeité et le regard, les mystères de la chair et de la sensibilité, la tension entre distance et toucher, plus que le rapport entre geste et parole, la poétique d’ici et de là, la vie et la mort, plus que le corps de l’art, la poétique du mouvement et de l’immobilité, le miroir et l’opacité, l’éthique de la limite, l’expérience de la cruauté, plus que la nudité, la «chose» [res] et la déshumanisation, le corps religieux et le corps extatique, la limlite visible entre la vie et la mort, la trauma et la terre de la subsistance humaine – plutôt un piège pour la pensée. Plus que le corps-spectre, le corps animal et le corps carnavalesque, le corps construction et le corps projet, le corps vécu, le corps matière et le corps désir, plus que le corps de la masse, le corps assemblage, le corps objet et le Cyborg et bien moins que tout cela, qu’est-ce qui reste du corps, quels sont les corporels, les incorporés et les désincarnés? Qu’en est-il de sa saisie philosophique et comment celle-ci informe t-elle l’aperception et l’inclusion du corps à des expériences et des formes d’expression diverses?
Dans la foulée des «Journées d’Ateliers. Philosophie de l’Education en Praxis» [4ème Rencontre] sur le thème de «Corps Philosophique / Corps en éducation» (Rhodes, 26-29 Mai 2016) les textes inclus dans la revue s’approchent du corps des points de vue différents en mettant au clair d’une part les pointes auxquelles heurtent les efforts de définition, d’autre part une ouverture génuine permettant des approches multiples pour son étude. D’un point de vuε anthropologique, éducatif, phénoménologique, socio-politique, esthétique, éthique, littéralement ou métaphoriquement, les aspects se multiplient agitant la question qui pour l’éducation garde encore son sens, parce que les deux pôles également subsistent : est-ce le corps (même par sa destruction) la réalité ultime, indépassable ou le porteur de sens gisant au-delà du corps, l’incorporel, ou un tremplin entre le corporel et ce qui n’est pas corps, organise notre existence? Une philosophie qui se révélera en tant que mouvement de mise au clair des innommables ou des intouchables par l’éducation, c’est la philosophie pratique qui est considérée comme un lieu d’hospitalité ainsi qu’en tant que labeur pour sa propre transformation en un tel lieu – elle s’identifiera ainsi par son mouvement obstiné vers la reconnaissance, l’intégration et la défense des mirabilia, des irréductibles, des indociles, des désordonnés, de l’acte éducatif, à savoir de ceux qui se comportent comme des étrangers soit à l’égard de la philosophie (par exemple le corps en tant que tel) soit à l’égard de l’éducation (par exemple le corps en tant que «résidu» pédagogiquement non brûlé ou en tant que signe éloquent de l’ordre éducatif. En fait, la philosophie n’a pu jamais échapper du corps, même quand celui-ci apparaît comme un ludibrium materiae. Et l’éducation ne peut pas se débarasser du corps, même quand elle le perd derrière ses décarnations multiples.
Εlena Théodoropoulou
2016-2019
Les philosophes n’ont pas négligé le corps
Le corps est bien souvent réduit à sa dimension physique, sinon physiologique. Et dans un contexte d’étude généralement consacré à l’activité intellectuelle, il ne trouve pas sa place. Ou alors, une place réservée, celle du sport, celle comme on dit en France, des «Activités Physiques et Sportives» (APS). S’en suit la vieille division de l’esprit et du corps, constamment reconduite dans une hiérarchie inégalitaire par le fonctionnement même des institutions. Je voudrais soutenir ici que le problème n’est pas tant de redonner au corps toute la place qu’il mérite (comment, au demeurant, définir cette place?), que d’en proposer une redéfinition. Rien n’est moins sûr, d’ailleurs, que l’idée qu’on se fait de cette division corresponde à autre chose qu’une construction sociale et historique de l’opinion. Que l’on se réfère, par exemple, aux travaux du médecin grec Galien de Pergame qui, au deuxième siècle, n’envisageait pas qu’on puisse dissocier médecine de l’âme et du corps, faisait dépendre toutes les maladies du corps et de l’âme d’un mauvais tempérament du corps sur lequel elles agissaient à leur tour. Son traité Que l’excellent médecin est aussi philosophe en témoigne significativement. Les Esquisses pyrrhoniennes, de Sextus Empiricus à la même époque, présentent un remarquable exposé de l’importance qu’on pouvait accorder aux affects (et donc au corps) dans l’activité de connaissance, proposant à la fois une philosophie comme mode de vie (agôgê) et une éthologie avant l’heure. Quant à Spinoza, la question ne fait aucun doute: «l’Esprit et le Corps sont une seule et même chose» (Éthique III, prop. 2 scolie), affirme-t-il, précisant ensuite: «personne n’a jusqu’à présent déterminé ce que peut le corps». Deleuze a de son côté beaucoup insisté sur ce point (voir par exemple son Spinoza, philosophie pratique), que je souhaiterais reprendre à mon tour, dans le contexte plus particulier de l’éducation. Non pas: que doit-on enseigner? Mais: que peut le corps? C’est une affaire radicale de présupposé. Partir non pas des recommandations transcendantes de l’institution d’État, mais des effets immanents de l’expérience. On ne sait pas ce que peut le corps (son pouvoir de pâtir et d’agir), et plus largement ce que peuvent les corps (dans leurs rencontres), il faut donc expérimenter. S’agit-il d’apprendre à écrire? La question n’est pas: que faut-il enseigner? Mais: que peux-tu, dans ton rapport à ce langage qu’est l’écriture? Un rapport dès lors socialisé, et même coopérativement socialisé, de sorte qu’écrire se manifeste comme affect d’écriture. Ceci suppose une pratique de l’écriture libre, dans la longue durée et la reconnaissance sociale, afin qu’écrire devienne un «exercice spirituel», comme disait Pierre Hadot (Exercices spirituels et philosophie antique), non pas une activité de normalisation institutionnelle, mais un acte philosophique, ou existentiel. Non pas une activité scolaire (ou scolastique) mais de transformation de soi. L’étude devient une expérimentation sociale, où chacun explore et élargit ce dont il est capable selon deux principes: affirmation de l’égalité (Rancière) et pratique de la joie. 
Mots-clès: «que peut le corps?», expérience, écrire, affirmation de l’égalité, pratique de la joie.

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La physiologie du sujet: un symbolisme pour l’œil
La philosophie moderne, de Descartes à Hegel, semble assumer la primauté du sujet pensant ou de la conscience considérée en tant aue champ unitaire ou le substrat de l’identité qui définit et soutient l’existence du monde. À l’opposé, le «sujet» d’après Nietzsche n’est rien d’autre qu’une fiction, une croyance qui, même si elle est bénéfique pour la vie, ne reste au4une fiction, une interprétation et non pas un fait absolu ou une vérité. Ainsi, la confirmation temporelle de l’identité du moi nous permet une vision plus individualiste du «sujet»: désormais, le sujet n’est rien d’autre que l’instant, il est temporel et fini, tandis qu’en même temps il est condamné à tomber dans l’oubli de l’Etre en tout instant qui suit. La conception du sujet comme multiplicité est si précise qu’elle ne laisse aucune place à la consolation métaphysique ou la sérénité; en revanche, elle nous expose à l’exagération dionysiaque de la vie dionysiaque elle-même qui nous démembre. Selon Nietzsche, la réflexion, comme hermeneia, est un acte assumé non par un «sujet» singulier mais par une synergie d’instincts et de forces de domination beaucoup plus complexe et mystérieuse, instincts et forces qui, tous ensemble, constituent le phénomène du corps vivant.
Mots-clés: Nietzsche, «sujet comme multiplicité», corps vivant, expérience temporelle, pensée comme praxis.

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Le corps dans les arts. Processus mimétiques et performatifs
Une grande partie de ce qu’on appelle apprentissage culturel consiste à l’apprentissage mimétique, qui –à son tour- se trouve au centre de plusieurs processus d’éducation et d’autoformation en étant une sorte d’apprentissage à travers les sens, fondée sur le corps, où les images, les formes et les mouvements sont des objets d’apprentissage. Cette incorporation a des conséquences de long-terme, importantes pour tous les domaines de la vie sociale et culturelle. En participant aux pratiques vivantes des autres, les gens étendent leurs propres espaces vitaux et créent pour eux-mêmes des nouveaux modes d’expérience et d’action. La réceptivité et l’activité se rencontrent de façon productive. Dans tous les domaines de la vie humaine, les rituels et les gestes sont importants pour le développement mimétique du savoir corporel. Le savoir incorporé est nécessaire à la religion, la politique, l’économie, la science, les familles et l’éducation. Le savoir rituel facilite la continuation mais aussi le changement et l’expérience de la transition et de la transcendance.
Mots-clés: apprentissage mimétique, savoir incorporé, apprentissage à travers les sens, savoir rituel.

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L’Autre, le même (?) dans l’art biotech’. L’exemple de SymbioticA et de the Tissue Culture & Art Project.
En 1996, Oron Catts et Ionat Zurr créent Tissue Culture & Art Project (TC & A) et fondent SymbioticA autour d’un projet de recherche et de développement sur l’utilisation des technologies tissulaires comme médium artistique. Ce premier laboratoire de recherche réunit scientifiques et artistes qui commentent et explorent les possibilités des biotechnologies. Nous nous proposons dans cet article de présenter quelques-unes des sculptures semi-vivantes du couple d’artistes qui, à travers une nouvelle classe d’objets/être, interroge les relations de l’Homme à son environnement.
Mots-clés: Art biotech, culture tissulaire, éthique, sciences.

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Théâtre et philosophie, corps et pensée.
Ce texte explore la relation entre le corps et la pensée, ainsi qu’entre le théâtre et la philosophie. Il donne quelques notes sur la manière de concevoir la philosophie, en tant que pratique, passion et relation au savoir, et offre trois caractéristiques de ce que l’on pourrait considérer en tant que dimension éducative d’une telle pratique: l’invention, l’errance et l’improvisation. Il fournit également un exemple de technique concrète adoptée au théâtre brésilien par l’intellectuel A. Boal et explore ses liens avec certains exercices philosophiques afin d’expliciter et de problématiser les liens entre la -pratique philosophique et le théâtre et plus particulièrement entre le corps et la pensée.
Motsclés: théâtre, corps ,pratique philosophique, A. Boal, philo-drame.

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La place du corps en éducation: le défi de la présence à soi.
Il n’y a pas de journée où les médias ne nous rappellent les bienfaits de l’activité physique pour notre bien-être et pour contrer les effets pervers du monde moderne. Nous voudrions dégager ce que l’on peut penser de la place du corps en éducation à travers la valorisation des activités motrices et physiques. L’apport de la phénoménologie et de l’herméneutique peut apporter un éclairage sur ces pratiques corporelles. Nous utiliserons la pensée de Heidegger pour illustrer le passage d’une activité libre à une activité liée à des attentes de résultats mettant en évidence la transformation du caractère ludique de ces activités. Nous nous demanderons s’il existe une relation de vérité au corps.
Mots-clés: Corps, éducation, rapport à soi, Heidegger, jeu, nature, éthique.

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Voyage-École et le Corps Pensant: la place des intensités dans une pensée non structurée.
Si nous pensons l’école non pas comme un lieu d’apprentissage ou de socialisation, non pas comme un lieu d’insertion dans une société ou dans une logique culturelle, mais plus que cela, comme un lieu d’étonnement, de surprise – et si en effet nous croyons que la pensée émerge d’une rencontre avec la différence, comme l’a déclaré Deleuze, nous parlons donc de l’école comme un lieu spécifique de réflexion – en ce sens, nous pouvons relier ce qui se passe à l’école à ce qui se passe dans un voyage. Dans cet article, ce n’est pas la pertinence de cette possibilité de voyage-école qui est mise en discussion, mais plus précisément la place du corps dans cette école de pensée. Comment est-il possible de penser en déplacement? Comment pouvons-nous étonner ou surprendre notre corps? Le corps peut-il penser?
Mots-clés: corps, voyage, cartographie, différence.

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«Je mange mon carnet de notes»: pour une philosophie anthropophagique de l’éducation.
Ce texte explore la dimension pédagogique de l’Anthropophagie d’Oswald de Andrade. Nous essayons de montrer comment l’Anthropophagie — tandis que plate-forme d’une philosophie de l’éducation, une «théorie culturelle» ou «programme de rééducation de la sensibilité» — est aussi un pédagogie du corps et un combat contre le patriarcat, la vénalité et l’usure du capitalisme.
Mots-clés : Éducation, Pédagogie anthropophagique, Corps.

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«Le corps physique n’est pas ici mais le Corps des Mémoires est encore avec nous»: Philosophie avec les Enfants et le Corps Vivant de Mémoire des Décédés.
Une communauté de recherche en philosophie avec les enfants encourage les enfants à développer une sensibilité philosophique qui implique la connaissance de questions abstraites reliées à l’existence humaine. Quand elle fonctionne, elle peut donner un aperçu des aspects philosophiques importants de diverses situations et de leur analyse. Cet article offre une perspective herméneutique aux discussions des enfants et des adolescents au cours des communautés de recherche philosophiques autour de leur attitude à l’égard des membres de leur famille décédés. L’analyse des textes révèle que les jeunes membres des communautés ont fait référence au défunt selon trois catégories principales, toutes liées au corps: (1) le «corps de la mémoire vivante de la personne mort»; (2) le «corps non présent qui m’accompagnait»; (3) La signification de «vie après la mort». Cet article utilise certains aspects de la théorie narrative pour expliquer les énoncés des participants.
Mots-clés: philosophie avec les enfants, communauté de recherche, corps, mémoire vivante, décédés.

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Corps enfantins et esprits adultes
L’anthropologie de l’éducation n’est pas réductible à une anthropologie inscrite dans la biologie; elle est aussi et surtout une anthropologie culturelle (consacrée aux formes de vie sociale et aux pratiques humaines) et une anthropologie philosophique (centrée sur le sens de la vie humaine). Si le «naturel» ou le «physique» est ce qui se produit selon son ordre propre, l’anthropos est bien plus qu’un morceau de physis, parce qu’il s’agit d’un fragment de nature qui dit ce qu’est la nature. Le corps propre, vécu, phénoménologique, vient donc redoubler le corps social, lequel vient lui-même redoubler le corps biologique. C’est de cet emboîtement maladroit et inachevé que découle le mystère anthropologique de l’humain. Nous proposons ainsi d’étudier la représentation du corps de l’enfant en lien avec les représentations de l’enfance en Occident, autrement dit d’observer le corps socialement construit de l’enfant dans l’optique d’une anthropologie de l’éducation.
Mots-clés: anthropologie de l’éducation, anthropologie culturelle, corps vécu-corps social, représentations de l’enfance.

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L’éthique contre le racisme
Le corps, dans l’éducation, a un double statut, d’être le medium et d’être le projet de formation de l’individu. On ne peut éduquer que par le sensible, ce qui le rend suspect aux pouvoirs qui veulent l’assujettir. Dans cet article, nous analysons comment la corporéité peut-être retournée contre elle-même par des institutions de domination pour que la haine de soi devienne la haine de l’autre. Le racisme ne peut plus être présenté comme un épiphénomène embarrassant ancré au cœur d’une humanité coupable, mais comme une structure mettant en œuvre des techniques nouvelles de gouvernementalité. La recherche s’appuie sur une caractérisation historique et philosophique du racisme comme appareil d’Etat sous le IIIème Reich. Elle propose ensuite une caractérisation des lignes de force d’une pédagogie contre le racisme, basée sur le postulat fondamental de l’égalité des intelligences.
Mots-clés: Corps, éducation, racisme, pédagogie de l’émancipation.

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Le corps et l’expérience de l’intensité dans l’autisme
L’objet de cet article est de penser la différence en partant des gestes répétitifs et des crises des enfants autistes. Si la différence est mal comprise lorsqu’elle se confond avec la négation et l’opposition, comme l’écrit Gilles Deleuze dans Différence et répétition, en contexte éducatif cette confusion aboutit à la catastrophe de l’exclusion des enfants autistes hors de l’école. À partir du corps et de ses mouvements, des crises et des stéréotypies, il est possible de penser la différence sur d’autres plans que ceux de la négation et de l’opposition et donc de se défaire d’une conception de la différence qui se situe du petit côté, celui du Semblable et de la similitude avec soi que nous appelons l’identiquement. La différence, du point de vue de l’autisme est ailleurs. Elle est dans le propre-à-soi, modalité du rapport à soi que nous nommons le mêmement, en tant que condition de l’expérience de la saisie, dans l’instant, de l’intensité. Il s’agira donc d’aller vers une instansité de la différence, dans le sens où, si la différence peut se dire de l’autisme, c’est au sens d’une différence d’intensité. Renouveler la philosophie de la différence à partir de l’autisme nécessite donc de créer de nouveaux concepts dont nous présentons ici une première esquisse.
Mots-clés: Autisme, philosophie de la différence, Deleuze, corps, expérience.

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La Section Dans le Laboratoire enregistre les actions du L.R.Ph.P. conçues pour explorer comment il est possible de construire de manière philosophique des pratiques de recherche qui seront développées dans les espaces publics (cette fois-ci, l’école et la communauté) et de compter les résultats de leurs applications en fonction de la dynamique de leur cadre théorique et de leur lien principalement avec le domaine de l’Art.
2016 – 2019
«Des pratiques artistiques et philosophiques pour changer d’école? (PHILARPE)»
Ι. Le séjour artistique et le «bateau fantôme»
17 octobre au 6 novembre 2016
Présentation
Dans le cadre du projet de recherche «Des pratiques artistiques et philosophiques pour changer d’école? (PHILARPE)», avec les responsables scientifiques et organisationnels du Laboratoire «Education, cultures, politiques»(ECP, Université de Lumière Lyon2), du «Laboratoire de recherche en philosophie pratique» (L.R.Ph.P.) / Université d’ Égée et en partenariat avec l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles et dans une première phase exploratoire et expérimentale du projet, un séjour philosophique et artistique était prévu, en collaboration avec la Directorat de l’enseignement secondaire du Dodécanèse et la Municipalité de Leros (voir http://practphilab.aegean.gr/φιλοσοφικές-διεπιστημονικές-πρακτικ/).
Les objets et les pratiques qu’il entend rendre manifestes et analyser se situent aux croisements de l’art, de la philosophie et de l’éducation ainsi que de l’art et de la philosophie dans l’éducation (et vice versa). PHILARPE se propose de procéder à la confrontation et la mise en relation des pratiques artistiques et des pratiques philosophiques avec, en arrière fond, la question de leurs enjeux communs, de leur portée modélisante dans le champ éducatif et leur capacité présumée à éduquer autrement, voire à «changer l’école». Cette perspective est constamment mise en avant pour l’éducation artistique; l’artiste intervenant en est une figure centrale. La même analyse peut être faite pour ce qui concerne le développement de la pratique philosophique comme pratique éducative généralisée, même si la figure du «philosophe intervenant» reste plus rare, et si la tradition tend à associer la philosophie au développement des compétences cognitives et éthico-politiques et la formation de la personne et du citoyen actif). En se situant à l’intersection de ces deux domaines considérés comme les leviers du changement éducatif, le projet PHILARPE, s’inscrit ainsi dans une perspective européenne et internationale fortement affirmée, et entend y apporter une contribution originale.
Plus spécifiquemennt, il s’agit de l’installation d’un dispositif original d’intervention artistique et philosophique dans les îles du Dodécanèse en tant que partie prenante de la recherche conduite par les deux laboratoires à Leros. L’artiste invité, propose aux participants/es à réfléchir et donner forme ensemble à l’une des légendes les plus répandues, et qui ne peut manquer de solliciter l’imaginaire insulaire: la légende du bateau fantôme. Au terme de la résidence artistique et philosophique, une oeuvre originale, une création collective pensée et créée sous la conduite de l’artiste au sein des groupes qui se seront engagés dans l’aventure, sera édifiée et demeurera dans le lieu emblématique choisi comme la trace laissée par le passage du vaisseau fantôme. Cette phase est incluse dans le cadre des «Journées d’Ateliers/4ème cycle» («Corps philosophique/Corps en éducation» du 26 à 29 Mai 2016) organisée par le «Laboratoire de Recherche en Philosophie Pratique et Appliquée» (L.R.PH.P.A.) et le Réseau International «Philosophie de l’Education en Praxis» (RePhedenPrax).
L’activité est illustrée dans le texte d’Alain Kerlan & Yves Henri: «Pour l’art, la philosophie et l’éducation en tant que ‘Performance’, 17 Octobre – 6 Novembre 2016», 17 Octobre – 6 Novembre 2016.
Il est accompagné d’une synopsis étendue en grec.
 Elena Théodoropoulou
2016 – 2019
Dans le Laboratoire
«Des pratiques artistiques et philosophiques pour changer d’école? (PHILARPE)»
De l’art de la philosophie et de l’éducation comme «performance» 
Chronique d’une expérimentation artistique philosophique et pédagogique 
Le «vaisseau fantôme» de Leros 
17 Octobre – 6 Novembre 2016

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«Des pratiques artistiques et philosophiques pour changer d’école? (PHILARPE)»
ΙΙ. Enfant, photographie, philosophie
19, 20 Février & 25 Mai 2016
Présentation
Dans le cadre du projet de recherche «Des pratiques artistiques et philosophiques pour changer d’école? (PHILARPE)», le «Laboratoire de recherche en philosophie pratique» (L.R.Ph.P.) / Université d’ Égée a organisé, à 19 & 20 Février de 2016, une intervention artistique et philosophique (avec la participation des élèves du 1er Ecole Primaire Expérimental de Rhodes) et un atelier de philosophie à l’université par rapport au matériel photographique.
La reconnaissance de la photographie en tant qu’objet philosophique est proposée ici en tant que processus essayant de comprendre et en partie lever les obstacles, d’une part pour que la photographie soit considérée comme un tel objet et d’autre part pour que la philosophie puisse distinguer, constituer et reconstituer son rapport avec la photographie. Sur la base de ce raisonnement, l’organisation d’un deuxième atelier, cette fois-ci dans un environnement scolaire fût proposée.
Les élèves et les participants/es avaient l’occasion de réfléchir, s’exprimer et discuter sur les photos, qu’ils/elles étaient invité/es à choisir en fonction de différents axes d’intérêt. Les raisons du choix des photos et la discussion relative seront en mesure de montrer justement «la philosophie de l’image» qui les sous-tend ainsi que les principaux concepts philosophiques impliqués, tout en soulignant la spécificité du moyen à travers le point de vue des enfants. Qu’est-ce qui rend la photo être ce dont elle est et ce qu’elle n’est pas et qu’est-ce qui lui permet de devenir un objet philosophique?
Dans ce contexte, d’autres questions ont été développées, lorsque on veut penser la photographie dans le cadre d’une «philosophie de l’image» dans son potentiel anthropologique, philosophique et esthétique.
Le produit collectif de la collaboration avec les enfants et les étudiantes du Département des Sciences de l’Education Préscolaire et de l’ Ingénierie Educative a été intégré dans le cadre de la 2ème exposition «Objets philosophiques» qu’elle a été organisée par le L.R.Ph.P. (25 Μai 2016, http://practphilab.aegean.gr/φιλοσοφalia-philosophalia/).
Ce qui précède est détaillé dans les textes suivants:
– Alain Kerlan: «La Photographie Comme Objet Philosophique Et Porte D’entrée Dans La Réflexion Philosophique. Intervention Dans La Classe, Suivie D’un Séminaire A L’université. Le Dispositif».
– Elena Théodoropoulou: «La photographie dans la classe: le processus de discussion et l’objet de pensée».
Les textes sont accompagnés de la vidéo «Le vaisseau fantôme, de l’objet philosophique à l’objet esthétique» (Phase 2) [https://youtu.be/cwem6x6PN5g] dans le cadre de Journées d’Ateliers, Philosophie de l’Education en Praxis [4ème Rencontre Ιnternationale] «Corps Philosophique / Corps en éducation, 26-29/05/2016 sous l’organisation du Laboratoire de Recherche en Philosophie Pratique et Appliquée (L.R.Ph.P.A.). ll s’agit d’un atelier en plein air (28 Μai) organisé par L.R.Ph.P.A. en tant que conclusion de sa collaboration avec la classe mentionnée ci-dessus de l’Ecole Expérimentale (avec le soutien aimable de leur maîtresse, du directeur de l’école et de leurs parents et sous l’animation du Professeur de philosophie Alain Kerlan et du sculpteur/installateur Yves Henri).
Elena Théodoropoulou
2016 – 2019
La photographie comme objet philosophique et porte d’entrée dans la réflexion philosophique. Intervention dans la classe, suivie d’un séminaire à l’université. Le dispositif.
Based on the acceptance that photography is a «royal way» for the children’s initiation to philosophy, the text presents, on the one hand, the mechanism set up to develop a discussion with children in 6th grade of an Elementary school, and on the other hand, the theoretical context, philosophical dimensions of photography, so that a workshop with a group of students at the university can then be organized on the themes that the discussion with children had brought to light. The philosophical and pedagogical key questions that posed in the workshop were: why is photography an ideal way for us to do philosophy with children? And how can we go to a such entreprise?

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La photographie dans la classe: le processus de discussion et l’objet de pensée
Le texte suit les pas d’une discussion avec les élèves dans une classe de l’école primaire relativement à la photographie. Les relqis d’une telle observation sont les suivants: les modalités de la discussion, le dispositif pédagogique, l’approche non-directive et non-thématique de la photographie, les lignes de force philosophiques, le développement de la pensée des élèves, la constitution d’une carte de critères pour la lecture des photographies par les élèves et la mise au clair des aspects de la photographie qui font d’elle un objet de pensée en dégageant sa philosophie, les points de déterritorialisation, la compréhension de la photographie en tant qu’objet philosophique, et le méta-objet produit par les enfants dans la foulée de la discussion dans la classe.

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Le but du projet Ou-tis [Personne] est de se constituer comme le point de rencontre des pédagogues s’intéressant à l’observation, reconnaissance, essai et mise en valeur des formes et des modes à travers lesquelles la philosophie existe ou il est possible d’exister ou de n’exister pas dans l’école, particulièrement là où les éducateurs/trices ont l’habitude d’utiliser des pratiques et des matériaux éducatifs, afin de servir des objectifs étrangères à la philosophe ou des objectifs pseudo-philosophiques; en plus, la reconnaissance des traces philosophiques et le dégagement des fragments philosophiques, qui se meuvent latents ou modifiés ou déformés dans les environnements éducatifs. Inversement, la reconnaissance et l’investigation des tissus pédagogiques dans les discours, modes et lieux philosophiques. L’exploration de la possibilité de cultiver des formes ou modes communs ou hybrides ou croisés qui ne feront pas économie des besoins et de singularités caractérisant tous les deux champs traverse les activités pédagogiques à l’intérieur et à l’extérieur de l’école qui sont organisées en ayant comme centre d’intérêt la classe scolaire.
Dans ce contexte, une enquête au niveau de l’éducation primaire est tentée, qui serait intéressée à identifier les points de connexion entre le niveau philosophique et pédagogique en fonction à la perception que l’enseignant(e) peut se former lorsqu’ il/elle tente de coordonner des dynamiques différentes mais convergentes au sein de la classe à travers une prise de conscience croissante de leur enchevêtrement: du texte littéraire, des enfants comme discutants, des exigences du curriculum, des techniques et méthodes intégrées, des habitudes pédagogiques et didactiques de l’enseignant/e lui-même, de la perspective philosophique, de la culture pédagogique-didactique actuelle.
 Sur cette base, la possibilité d’activer les lignes directives/ lignes rouges a été discutée, comme un moyen d’engagement dans un processus d’auto-observation et d’exercice dans la classe qui tenterait son intégration exactement dans la dynamique du cadre. Ces lignes directrices soutiendraient les choix possibles des enseignant/es, sans s’écarter des engagements fondamentaux de l’éducation philosophique et de la gestion pédagogique des termes de la discussion en classe, au fur et à mesure qu’ils répondent au principe d’une approche pédagogique du processus didactique centrée sur les questionnements, avec tout que ce que cela implique au niveau des principes, de la méthode, techniques, de choix procéduraux, des valeurs mettant en valeur la littérature pertinente.
La section contient quatre textes. Le premier trace les grandes lignes du cadre théorique, et les trois autres textes tentent d’enregistrer des observations et des commentaires sur les applications tentées.
– Elena Théodoropoulou: «Dépistage dans la classe: textes, discussions et fragments philosophiques – l’émergence d’une recherche».
– Mairi Voukanou: «Discutant un texte de littérature d’enfants: traces d’une intervention de recherche».
– Mania Monioudi: «Les discussions avec des enfants à l’école primaire en tant que moyen de redéfinition de l’attitude de l’enseignant/e: notes d’une auto/observation réflexive».
– Aikaterini Renti: «‘’Je t’aiderai à venir si tu viens et à ne pas venir si tu ne viens pas’’: Observer l’avènement potentiel de la philosophie en classe, à travers un texte littéraire».
 Elena Théodoropoulou
2016-2019
Dépistage dans la classe: textes, discussions et fragments philosophiques – l’émergence d’une recherche
C’est à travers les désaccords, les incompatibilités, les arythmies, les déviations, les reculs transparaissant pendant la fonction mutuelle des dynamiques créées là où l’enseignement de la littérature rencontre la philosophie et la discussion (οu la discussion rencontre la littérature et la philosophie), qu’émerge en fait l’intention d’une exploration, qui pourra mettre au clair les lieux mineurs où ces rencontres se manifestent (directement ou indirectement) non pas tant pour installer le droit d’un objet didactique (comme c’est la philosophie) de revendiquer la mise en vigueur des présuppositions appropriées à son introduction et exercice en éducation, mais surtout le droit de ne pas être articulé comme un choix didactique majeur se contentant désormais à la revendication d’une attention mineure mais critique au détail.

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Discutant un texte de littérature d’enfants: traces d’une activité de pré-recherche
Le thème principal de cet article consiste à la présentation des résultats à la suite d’une auto-observation de l’enseignante au cours d’une discussion entre des élèves de l’école primaire. Il s’agit d’une activité à un niveau de pré-recherche s’inscrivant dans le cadre du travail réalisé au sein du Laboratoire de Recherche en Philosophie Pratique (L.R.Ph.P.) et visant à identifier, tout en mettant l’accent sur la moindre possible intervention pédagogique de la part de l’enseignante, des caractéristiques potentiellement bien établis de la culture pédagogique qui ne renforcent pas l’expression libre de la pensée des enfants.

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Les discussions avec des enfants à l’école primaire en tant que moyen de redéfinition de l’attitude de l’enseignant/e: notes d’une auto/observation réflexive
Les discussions avec des enfants à l’école primaire peuvent constituer un « lieu et une manière» de réflexion sur l’attitude de l’enseignant/e, dans le cas où des manières pédagogiques d’une culture différente (comme, par exemple, celle développée dans le cadre des études au Laboratoire de Recherche en Philosophie Pratique/L.R.P.Ph.) viennent s’ incorporer dans des environnements scolaires typiques. Les notes tirées de cette «observation réflexive» particulière concernent l’enregistrement des expériences personnelles pendant la durée des discussions ciblées avec des élèves selon des présuppositions contraignantes ainsi qu’à la mise au clair des difficultés reconnues tant durant les discussions que, surtout, ensuite, pendant toute approche réflexive de ces discussions.

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«Je t’aiderai à venir si tu viens et à ne pas venir si tu ne viens pas»: Observer l’avènement potentiel de la philosophie en classe, à travers un texte littéraire
Cet article inclut des données tirées de l’étude d’un scénario hypothétique relatif à un cours de Langue Moderne à l’école primaire durant lequel un texte littéraire fût utilisé. C’est sur la base de cette étude et les remarques consécutives, qu’un effort est fait de mettre au clair une réflexion concernant, non pas seulement la connexion entre littérature et philosophie dans l’école, mais aussi la question si un/e enseignant/e peut «rencontrer» ses élèves et discuter avec eux/elles sur des notions d’intérêt philosophique.

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La Section Théories et pratiques comprend l’enregistrement des pratiques philosophiques avec des enfants qui ont été développées en dehors de l’ L.R.Ph.P., voire le transfert de la philosophie au champ de l’expérience à travers l’art et la discussion – en posant à nouveau la question de leur pertinence possible pour la philosophie pratique, c’est-à-dire, comment ces pratiques s’inscrivent dans l’expérience et de quelle manière elles le forment.
Que peut un enfant?
This article is about a philosophical reflection on a Portuguese artist’s work, a choreographer, during a specific creative process that was culminated in a show titled, «What if everything was yellow?». This show was developed by the artist, from the scratch, in co-creation with a group of children. The article intends to analyze the way in which the artist departed from the usual conception about childhood, according to which children’s ideas must be judged as right or wrong (depending on the adult-centered perspective), in order to, progressively, arrive to a conception open to the new, the unpredictable, the unexpected – in that way, a new creative potential recognized in children’s thinking. This work developed, not only within an artistic plane, but also a philosophical one, through the introduction of philosophical encounters – the artist continued to participate as a screenwriter, always in co-creation with the children involved in the process. Consequently, this article aims to show this very connection between these two levels, inasmuch the contamination that occurred between the artistic work and the philosophical one.

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Expériences et enchantements pendant une excursion scolaire à l’université
This text narrates an experience in the context of «Does philosophy fit into boxes?» project (in cooperation with the Philosophy and Childhood Studies Program (NEFI / UERJ) of Rio de Janeiro State University, with two public schools near the city of Rio de Janeiro). Ιn this particular university they are systematically organized workshops with students and teachers from schools of preschool and primary education and young people and adults as well studying in night schools. In this case, it’s about the visit to the university on behalf of 25 children from 9 to 11 years old. The objective of this visit would be a joint reflection attempt, an experiment of philosophical experience in an unknown space for the children. In this experience, starting from an heraclitean fragment, a discussion was developed about friendship, emerged from a question formuladed by these kids themselves: «How do you take care of a friend?». The dialogue traced an unthinkable connexion with the Deulezian thought, what gives rise to a reflexion about the value and the meaning to do philosophy childishly in the frame of a university level project.

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La Section Entretiens présente un trajet de recherche personnel par rapport à la philosophie – la manière dont les voies sont ouvertes, à travers la pratique de la philosophie, pour la philosophie elle-même et pour la personne qui la pratique. Dans cette section, l’exploration de l’engagement personnel avec la philosophie comme forme de pratique sera systématisée et intensifiée.
Interviewer: Dr. Sofia Nikolidaki (M.Ed Université de Crète. ΜPhil, Université de Crète/ Docteur, Université de Galles)
Transcription: Elisabeth Giamakidou (M. Ed. Université de Nicosie)
Cadre de l’entretien: Journées d’Ateliers: «Philosophie de l’Education en Praxis» [4ème Rencontre Internationale], Corps Philosophique/ Corps en Éducation, 26-29 Mai 2016
Dans ce cadre, prof. Santi a presenté un atelier sous le titre: «Incorporation dans l’inattendu: improvisation comme forme de la ‘pensée Complexe’ développementale».
Révision de la transcription: prof. Elena Thédoropoulou

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Copyright 2019 – Laboratory of Research on Practical Philosophy (L.R.P.Ph.), University of the Aegean.

Si les objectifs de ce journal sont à mettre au clair, reconnaître, questionner, rouvrir les lieux, les modes philosophiques ainsi que leur cartographie et kinésiologie singulières dans les spacio-temporels de l’éducation, les modes, les formes, les replis, les récits, les in-corporations de la philosophie pratique, la dé-reconstruction philosophique du concept de l’application, les modes, les formes, les replis, les transmutations, les tournures de la philosophie appliquée, les compréhensions philosophiques du concept, des apparitions, des mouvements, des voix de la praxis au sein des formes de vie, néanmoins cela ne lui évite d’être un journal perplexe/amechanon. Amechanon devant ce qu’il vise à faire, ces qui doivent apparaître, devant leurs formes et leurs replis, les reconstructions et les rebondissements des sens, devant la question du pratique et de l’application, de la philosophie elle-même et de la compréhension philosophique. Amechanon comme inefficace, impuissant, inexpugnabilis, ineluctabilis, inennarabilis, immensus, infinitus, incredibilis, comme un discours déconcertant, se tenant en aporie devant ceux qu’il contient, devant le vaste, comme la mer de l’aporie socratique et son stupeur – comme la stupeur. Discours étranger.
[…] Σκρατες, κουον μν γωγε πρν κα συγγενσθαι σοι τι σ οδν λλο ατς τε πορες κα τος λλους ποιες πορεν κα νν, ς γ μοι δοκες, γοητεεις με κα φαρμττεις κα τεχνς κατεπδεις, στε μεστν πορας γεγονναι. Κα δοκες μοι παντελς, ε δε τι κα σκψαι, μοιτατος εναι τ τε εδος κα τλλα τατ τ πλατείᾳ νρκ τ θαλαττίᾳ· κα γρ ατη τν ε πλησιζοντα κα πτμενον ναρκν ποιε, κα σ δοκες μοι νν μ τοιοτν τι πεποιηκναι, [ναρκνληθς γρ γωγε κα τν ψυχν κα τ στμα ναρκ, κα οκ χω τι ποκρνωμα σοι. Κατοι μυρικις γε περ ρετς παμπλλους λγους ερηκα κα πρς πολλος, κα πνυ ε, ς γε μαυτ δκουν νν δ οδτι στν τ παρπαν χω επεν. Κα μοι δοκες ε βουλεεσθαι οκ κπλων νθνδε οδποδημν· ε γρ ξνος ν λλ πλει τοιατα ποιος, τχν ς γης παχθεης […] (Μένων, 80a-b)
J’avais déjà ouï dire, Socrate, avant que de converser [80a] avec toi, que tu ne savais autre chose que douter toi-même, et jeter les autres dans le doute: et je vois à présent que tu me fascines l’esprit par tes charmes et tes maléfices, enfin que tu m’as comme enchanté, de manière que je suis tout rempli de doutes. Et, s’ il est permis de railler, il me semble que tu ressembles parfaitement, pour la figure et pour tout le reste, à cette large torpille marine qui cause l’engourdissement à tous ceux qui l’approchent et la touchent. Je pense que tu as fait le même effet sur moi : car je suis véritablement engourdi [80b] d’esprit et de corps, et je ne sais que te répondre. Cependant j’ai discouru mille fois au long sur la vertu devant beaucoup de personnes, et fort bien, à ce qu’il me paraissait. Mais à ce moment je ne puis pas seulement dire ce que c’est. Tu prends, à mon avis, le bon parti, de ne point aller sur mer, de voyager en d’autres pays : car si tu faisais la même chose dans quelque autre ville, on te punirait bien vite du dernier supplice comme un enchanteur [Μénon, trad. Victor Cousin].
Et si tout cela peut arriver à l’arrière-scène d’un tel journal, sur sa scène, les discours ne semblent nullement être perplexes, tel un paradoxe qui ne peut pas être affronté, seulement être mis au clair dans la mesure du possible. Amechanon suit les mouvements du Laboratoire de Recherche en Philosophie Pratique, essayant de mettre en évidence cette attitude comme une stance du Laboratoire lui-même. Désirant inclure les lacunes, les difficultés, les apories, les implications dans l’exploration et la compréhension des concepts qui entrent dans le cadre de la philosophie pratique, de la sélection, création et mise en valeur des matériaux, des actions, actes et praxis associées au développement d’un tel champ. Dans un sens, cette revue devient un journal de recherche.
Le deuxième volume contient deux de ses sections régulières:
Sa 1ère section [Auditorium] accueille des textes travaillant sur le cinéma et ses lectures philosophiques dans la foulée d’un séminaire sur le cinéma et l’existence, réalisé en 2018 à Québec. Le rapport du cinéma avec la philosophie n’est pas évident et il se déploie sur des plans différents. A travers la référence à l’existence humaine et à ses illustrations filmiques, les textes réunis ici, discutent des aspects de ce rapport mettant au clair des points qui transposent la pensée à l’espace de la philosophie pratique. Le titre de cette section est: Cinéma et Existence
La 2ème section [Dans le Labraroire] contient les Actes du 1er Séminaire International des doctorants/es sous le titre: Thématiques de Recherche Ι, 2019-2020, réalisé à Rhodes, à 28 Septembre en tant que partie des activités du Laboratoire de Recherche en Philosophie Pratique. Les textes enregistrent des trajets et des choix de recherche et mettent au clair d’une part de fils communs d’intérêts de recherche dans les présentations des doctorants/es venant des pays divers et d’autre part la connexion d’un dialogue interculturel dans le cadre d’un Laboratoire qui cherche la dynamique de la multiplicité des pensées.
Εκ τε γρ οδάμ’ έόντος μήχανόν έστι γενέσθαι
Κα τα’όν έξαπολέσθαι νήνυστον κα πυστον.
Αεί γρ τη γ’έσται, πη κ τις αέν έρείδη
(Eμπεδοκλέους, Απόσπ. 12 [Αριστοτέλης] Μ.Ξ.Γ. 2, 975b1
S. Kirk & J. E. Raven, M. Schofield, The Presocratic Philosophers)
Prof. Elena Théodoropoulou
Directrice de L.R.Ph.P.
 
La section d’Auditorium contient des textes théoriques traitant à chaque fois d’un concept ou d’une thématique considérées comme participant à la formation d’une compréhension de la philosophie pratique, comme elle semble pouvoir intégrer et réorganiser ce concept ou cette thématique, qui au fur et mesure qu’elles sont mises en discussion, peuvent progressivement être liées à la philosophie pratique en développant et en affinant davantage cette connexion.
2018-2020
Cinéma et existence
Les textes rassemblés dans ce dossier sont le résultat d’un séminaire tenu sur le thème du cinéma et de l’existence en 2018 au Québec. L’objectif était d’explorer et de comprendre l’existence humaine à travers les images cinématographiques en sachant que l’existence humaine et le cinéma enferment plus de sens que nous pouvons en dévoiler. Il existe une longue tradition entre la philosophie et l’art souvent sous la forme d’un fossé fondamental. Il y a toutefois des exceptions, dont Hegel qui plaçait l’art avec la philosophie et la religion à un niveau supérieur pour la connaissance de soi.
Le cinéma, comme les mythes et toutes les œuvres d’art, est un objet, qui sans être philosophique, ouvre sur des questions philosophiques et existentielles qui ne sont pas réservées à la philosophie comme discipline, mais à une démarche interrogative que nous pouvons retrouver dans d’autres champs que celui de la philosophie, comme la psychologie et la pédagogie humanistes. Cela ne signifie pas que l’œuvre cinématographique se présente comme une œuvre à thèse à partir de laquelle il s’agirait d’y voir des théories et raisonnements philosophiques même si, parfois, les films y renvoient.
Le cinéma agit comme un révélateur de notre conscience qui se présente sous plusieurs formes. Nous pourrions alors nous demander jusqu’où sommes-nous maîtres de notre vie ou jusqu’où sommes-nous agis par l’existence? Ne serions-nous pas alors que des témoins qui peuvent raconter après-coup? Dans ce cas, ne pas pouvoir raconter ne serait-il pas la pire des choses qui puissent arriver à un sujet humain? N’est-ce pas ce que fait le cinéma, comme toutes œuvres d’art? Nous pouvons alors penser que le cinéma agit comme une psychothérapie. Sans langage, par conséquent sans narration, les idées demeurent pauvres en contenu. Agamben, à la suite de Benjamin, parle de pauvreté d’expérience. Nous pouvons conclure qu’une expérience cinématographique se transforme en expérience significative si nous avons l’opportunité d’en faire une narration.
En ce sens, le cinéma peut devenir un outil pédagogique majeur si les films sont racontés selon une interprétation symbolique qui touche à l’existence. De sorte que ce ne sont pas les films en soi qui sont porteurs de sens, mais ce que nous pouvons en dire. Dire quelque chose d’un film, c’est apprendre à parler, c’est apprendre un peu plus sur nous- mêmes. L’acte de parole nous sort du sensationnel pour toucher à l’existentiel, à cette part de nous-mêmes qui n’attend qu’à être reconnue pour vivre et octroyer un sens à notre vie.
Notre vie est une vie de cinéma.
Prof. Jacques Quintin,
Québec, Canada, 2020
Pour citer cet article: Quintin, J., «Introduction: La projection du sujet humain et la rencontre de soi», Amechanon. Revue Internationale du «Laboratoire de Recherche en Philosophie Pratique» (L.R.Ph.P.), vol. II, 2018-2020, Rhodes: L.R.Ph.P., 2020, pp. 25-35.
 Introduction: La projection du sujet humain et la rencontre de soi
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Pour citer cet article: Théodoropoulou, E., «Le cinéma, la philosophie et le piège pédagogique: gestes et détails», Amechanon. Revue Internationale du «Laboratoire de Recherche en Philosophie Pratique» (L.R.Ph.P.), vol. II, 2018-2020, Rhodes: L.R.Ph.P., 2020, pp. 36-62.
 Le cinéma, la philosophie et le piège pédagogique: gestes et détails
En partant d’une question concernant l’interrogation et la ré-imagination de la manière dont le cinéma permet l’exploration et la compréhension des questions existentielles, on essaye de discuter la fonction du cinéma en tant que médium pédagogique à travers une réflexion sur le rapport entre cinéma et philosophie. La revisitation de la conception du pédagogique pendant l’approche philosophique d’un film, à travers une série de gestes de lecture, est flanquée d’une réflexion sur une mise en valeur possible du détail
 Mots-clés: cinéma, philosophie, moyen pédagogique, détail, geste.
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Pour citer cet article: Garde-Granger, P., «Réflexion éthique et philosophique sur l’euthanasie et le suicide assisté autour du film ‘La mer intérieure’ d’Alejandro Amenábar», Amechanon. Revue Internationale du «Laboratoire de Recherche en Philosophie Pratique» (L.R.Ph.P.), vol. II, 2018-2020, Rhodes: L.R.Ph.P., 2020, pp. 63-73.
 Réflexion éthique et philosophique sur l’euthanasie et le suicide assisté autour du film «La mer intérieure» d’Alejandro Amenábar
Le film d’A. Amenábar La mer intérieure[1] retrace l’histoire de Sampedro, poète Galicien tétraplégique qui a lutté pour la dépénalisation de l’euthanasie dans les années 80-90 en Espagne. Les scènes du film nous servent de fil conducteur pour une réflexion sur les enjeux éthiques et philosophiques soulevés par la demande de mourir de Sampedro, pour examiner l’évolution de la situation sur l’assistance à mourir dans notre société occidentale et pour évoquer comment l’expérience cinématographique nous touche et nous aide à améliorer notre perception des autres et du monde.
Mots-clés: euthanasie, suicide assisté, assistance à mourir, éthique, philosophie, cinéma.
[1] Amenábar, Α., (dir.), La mer intérieure (Mar adentro), Odeon film, 2004, d’après l’autobiographie de Sampedro, R., Cartas desde el infierno.
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Pour citer cet article: Guimarães, B., D., «Monstres et médecins. Une réflexion clinique et esthétique autour du film ‘L’ Homme Éléphant’, de David Lynch», Amechanon. Revue Internationale du «Laboratoire de Recherche en Philosophie Pratique» (L.R.Ph.P.), vol. II, 2018-2020, Rhodes: L.R.Ph.P., 2020, pp. 74-83.
 Monstres et médecins. Une réflexion clinique et esthétique autour du film «L’ Homme Éléphant», de David Lynch
L’article développe le lien entre la relation entre le médecin et le patient tel que présenté par le film de David Lynch «L’Homme Éléphant» comme métaphore de l’office du psychothérapeute, explorateur des ombrages de l’esprit humain, pas sans risque de se perdre dans la noirceur ou de pas trouver le chemin d’accès à son client. Par une méthode de réduction phénoménologique, le film nous remet à une l’image tirée de l’architecture japonaise du «toko no ma», et nous croyons de la thérapie est une expérience du contact entre l’ombre et lumière, que la pénombre équivaut à qu’est-ce que ressort de la conscience et déborde dans le lien clinique.
Mots clés: cinéma, psychiatrie, phénoménologie, lien thérapeutique.
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Pour citer cet article: Mousseau, C., «La mélancolie, le Verbe et l’Espoir dans le film ‘Arrival’», Amechanon. Revue Internationale du «Laboratoire de Recherche en Philosophie Pratique» (L.R.Ph.P.), vol. II, 2018-2020, Rhodes: L.R.Ph.P., 2020, pp. 84-103.
 La mélancolie, le Verbe et l’Espoir dans le film «Arrival»
Ancrant ses réflexions dans la rencontre herméneutique du film Arrival, l’auteure propose une compréhension originale et existentielle de la mélancolie. Elle soutient à cet effet qu’il existe une dimension ontologique à la mélancolie, à savoir que l’être humain est primordialement interpelé par une exigence de séparation, de perte et d’individuation; alors qu’en lui subsiste tout à la fois cette mélancolie d’absolu, d’unité indolore et infinie. De même, approché dans la mire de l’existence, Arrival se révèle comme une véritable mise en abime du pathos et de l’affectivité humaine face aux réalités existentielles, notamment celles de l’altérité et de la responsabilité, ainsi que de la solitude et de la finitude. Tragédie interstellaire métaphorisant des drames existentiels, il apparaît que l’œuvre déploie une phénoménalité propre à la mélancolie – et tout près d’elle à l’espoir et au désespoir – à savoir une résonance autour de la chute, de la perte et du deuil, mais aussi d’une promesse de possibles médiatisée par le langage.
Mots-clés: Cinéma, existence, Arrival, mélancolie, espoir, herméneutique.
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Le cinéma et la philosophie de Stanley Cavell: le «réalisme» dans les films parlant et la question de la métaphore et des jeux de langage au cinéma (le cas de Chient-dent)
This article presents Stanley Cavell’s thinking on cinema. It presents and analyzes the basic argument of the American philosopher that cinema is the absence of reality that is projected but also the moving image of skepticism. The article also refers to talking films (talkies) which, among other things, are, according to Cavell, a significant medium of seeing cinema as a mimesis of people’s everyday language. Trying to approach the lingual elements of the filmic world, as Cavell puts it, we explore the possibility of analyzing specifically the metaphor and the language games, as they are presented in the movie Dogtooth (2009) of Yorgos Lanthimos.
Keywords: cinema, realism, skepticism, reality, ordinary language, language games, metaphor, Stanley Cavell, photography.
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Pour citer cet article: Gueye, S., T., M., «De la parole libératrice à l’écriture de l’existence citoyenne. Un regard sartrien sur ‘Écrire pour exister’ et ‘Les Grands Débatteurs’», Amechanon. Revue Internationale du «Laboratoire de Recherche en Philosophie Pratique» (L.R.Ph.P.), vol. II, 2018-2020, Rhodes: L.R.Ph.P., 2020, pp. 121-141.
De la parole libératrice à l’écriture de l’existence citoyenne. Un regard sartrien sur «Écrire pour exister» et «Les Grands Débatteurs»
Dans le paysage cinématographique hollywoodien, les Afro-Américains occupent une place prépondérante pouvant être interprétée de diverses manières. Notre article s’appuie sur la pensée de Sartre pour montrer l’effet de la parole libératrice et de l’écriture sur l’existence citoyenne au travers de deux films: Écrire pour exister et Les Grands Débatteurs. Loin de l’image de la pauvreté, la délinquance et l’échec, ces deux films ouvrent la piste d’une analyse sur de jeunes noirs qui, voués à la déchéance et la perdition, ont réussi à se prendre en main et à s’ouvrir sur un horizon positif axé sur le refus de la fatalité et le rejet de l’inaction. Avec des lunettes sartriennes, l’analyse de ces deux films a permis de mieux assimiler l’idée selon laquelle l’important n’est pas ce qu’on a fait de toi, mais ce que tu fais de ce qu’on a fait de toi.
Mots-clés: racisme, éducation, liberté, enseignement, jeune, citoyen, noir, engagement.
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Pour citer cet article: Jeffrey, D., «Monstres initiatiques et séries jeunes», Amechanon. Revue Internationale du «Laboratoire de Recherche en Philosophie Pratique» (L.R.Ph.P.), vol. II, 2018-2020, Rhodes: L.R.Ph.P., 2020, pp. 142-160.
 Monstres initiatiques et séries jeunes
Les sociétés anciennes ritualisaient le passage des jeunes aux responsabilités adultes. Or, ces rites sont disparus. Par contre, les riches symboles initiatiques qui leur sont associés comme la morsure, l’avalement, le monstre et le regressus dans le ventre maternel envahissent l’imaginaire contemporain. Les littératures, le cinéma, les séries et les jeux vidéo les mettent régulièrement en scène. Qu’est-ce que ces productions de l’imaginaire nous disent sur le passage des adolescents à l’âge adulte dans nos sociétés modernisées? Ce texte répond à cette question en deux temps. D’abord, en référant aux rites pubertaires anciens pour connaître l’origine des symboles initiatiques. Par la suite, en levant le voile sur les monstres initiatiques dans l’imaginaire contemporain des séries jeunes.
 Mots-clés: Initiation, passage, âge adulte, monstre, avalement, morsure, identité adulte.
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Pour citer cet article: Quintin, J., «La portée ontologique de l’ herméneutique: cinéma et développement de l’empathie», Amechanon. Revue Internationale du «Laboratoire de Recherche en Philosophie Pratique» (L.R.Ph.P.), vol. II, 2018-2020, Rhodes: L.R.Ph.P., 2020, pp. 161-177.
 La portée ontologique de l’herméneutique: cinéma et développement de l’empathie
Le cinéma est un art qui s’insère dans la vie ordinaire des gens. Plus que la trame narrative, ce sont les images qui pénètrent dans l’intimité des spectateurs. Nous pouvons y voir un outil pour l’éducation, principalement l’empathie. Par exemple, en médecine, le cinéma sert à donner un accès au monde vécu des patients. Le cinéma permet au spectateur d’exercer un regard phénoménologique. Cependant, nous montrerons que l’herméneutique est nécessaire pour comprendre et participer au développement de l’empathie envers ce qui habite l’être humain en sachant qu’il y a toujours plus dans une œuvre, comme dans une expérience humaine, que ce que nous pouvons en dire. De sorte que le cinéma, en exposant des mondes, particulièrement différents du nôtre, devient une autre façon d’exercer la philosophie et l’éthique, ce qui donne au cinéma une portée ontologique. La pensée de Heidegger, Merleau-Ponty, Ricoeur et Gadamer servira d’appui.
Motsclés: monde, empathie, ouverture, herméneutique, phénoménologie, éducation.
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La Section Dans le Laboratoire enregistre les actions du L.R.Ph.P. conçues pour explorer comment il est possible de construire de manière philosophique des pratiques de recherche qui seront développées dans les espaces publics (cette fois-ci, l’école et la communauté) et de compter les résultats de leurs applications en fonction de la dynamique de leur cadre théorique et de leur lien principalement avec le domaine de l’Art.
 
Actes: 1er Séminaire International des doctorant/es «Thèmatiques de recherche I, 2019-2020»
 Le samedi 28 septembre 2019, Eléna Theodoropoulou et Christophe Miqueu ont eu le plaisir d’accueillir un séminaire doctoral international dans le cadre du Laboratoire de Recherche en Philosophie Pratique/L.R.Ph.P. (département de sciences de l’éducation préscolaire et de l’ingénierie éducative de l’université d’Egée à Rhodes). Ce 1er Séminaire, sous le titre fût conçu et lancé par Elena Théodoropoulou développant ainsi les activités collaboratives et interculturelles du L.R.Ph.P., afin de pouvoir procurer un espace libre de réflexion et de dialogue aux jeunes chercheurs/euses. C’est ainsi qu’ils/elles étaient invités/es à présenter et proposer à la discussion leurs travaux de recherche en philosophie et en sciences de l’éducation à travers des différents points de vue et différents accès.
Ce temps de dialogue interculturel et de recherche partagée, avait trois au moins axes. Axé en premier lieu sur les pratiques éducatives notamment de la part de jeunes chercheurs/es participant au séminaire (par ailleurs dans leur plupart enseignants/es), a permis de faire avancer l’appropriation des problématiques empiriques qui traversent les systèmes éducatifs de la Grèce, la France. Sur cette base, nous avions également l’occasion de réfléchir à la différence des lois d’orientation, dispositifs et règlements éducatifs, des conceptions pédagogiques, et des théories politiques et éducatives qui les fondent en principe. La question de la liberté pédagogique et de son évolution complexe à l’aune des réformes éducatives inspirées du nouveau management public, ou encore les enjeux éthiques liés aux situations complexes dans lesquelles se retrouvent au quotidien ces praticiens réflexifs de terrain que sont les enseignants/es ont été notamment au cœur des discussions. On a eu l’occasion d’éprouver des situations de classes proches ou similaires en contextes différents, d’interroger et de problématiser une praxis éducative sans cesse en cours de renouvellement, de questionner le récit qui en est déployé et la conceptualité qui l’accompagne, et bien sûr de réfléchir aux institutions scolaires de chaque pays, à la diversité des positionnements professionnels à l’école qu’on y retrouve et à la pluralité des attitudes philosophiques qui président à la compréhension de ce qu’éduquer veut dire.
En deuxième lieu, on a eu l’occasion de penser sur le plan de la philosophie pratique et de sa liaison avec des approches différentes et des thématiques qui viennent de l’art ou de la littérature en essayant de saisir les complications d’une telle liaison ainsi que ses aspects divers et les malentendus possibles. Sur un troisième plan, cette journée de recherche partagée était l’occasion de mettre à l’épreuve et discuter les approches méthodologiques différentes que chaque chercheur/se apporte par son projet de recherche et essayer de comprendre leur enjeu philosophique et les questionnements qu’elles mettent au clair par rapport au concept lui-même de méthode.
Le 1er séminaire international de doctorants/es est une étape importante dans le cadre du partenariat stratégique entre le L.R.Ph.P. et SPH (EA4574, laboratoire cohabilité des Universités de Bordeaux et Bordeaux Montaigne). Il a été possible grâce au soutien du programme Erasmus+ qui a permis la venue comme professeur invité de Christophe Miqueu à l’université d’Egée. Il en ressort la volonté de renouveler à l’avenir ce séminaire doctoral, de multiplier en France, en Grèce ainsi qu’ à d’autres pays, ces échanges entre chercheurs confirmés et jeunes chercheurs, et de valoriser par des publications communes le travail entrepris ensemble.
Prof. Elena Théodoropoulou et Prof. Christophe Miqueu,
Rhodes-Bordeaux, 2018-2020
Choir of Pedro II School- campus Engenho Novo II
Group singing is taken as an experience of opening and creation through listening/making listening (to oneself, to the other, to the world) with an emphasis in experimentation in the many fields involved in the construction of the individual/collective voice, of repertoire and of the choir as a group. What is desired is the weaving of a knowledge of relations instead of contents, in which the most important is how to make, its effects and the refining of the feeling of whether something is good in what it is – all of which involve thinking a way of being in a group, a way of being. Attention is to be given to musical relations in conversations and the dialogical relations in musical practices; composing with what is proper (singular) and also improper (common), potentializing the forces of the group and stimulating the overcoming of limits. It is important that all the production of the choir result from collaborative effort, from such a composition in which there is a feeling of collective authorship – even if the music or arrangement was not invented by the singers. The two videos show that feeling – the result of the group trafficking between regions «close» or «distant» from their culture, with interventions of collective composition in body and sound movement…
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Désobéir au nom de la République: de la révolte éthique des enseignants désobéisseurs
Cet article s’intéresse au cas des enseignants désobéisseurs, et notamment à l’exemple d’Alain Refalo, enseignant du primaire ayant refusé de mettre en application une réforme de l’Education nationale en 2008. Animé d’une éthique empreinte d’un sens aigu de ce qu’est la mission historique de l’école du peuple, A. Refalo justifie son choix de ne pas suivre des réformes allant selon lui à l’encontre des principes de l’école républicaine. Si le bien-fondé individuel de sa «révolte éthique» se comprend, il reste que l’on peut s’interroger sur les limites d’une insubordination assumée seul (ou même dans le cadre d’un collectif éphémère), et sur le sens d’une désobéissance au nom des valeurs de la République elle-même.
Mots-clés: désobéissance, République, résistance, principes, émancipation.
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Philosophie et Pensée Critique, une non-relation en education: du dénigrement à l’expulsion et la falsification
This essay is about the investigation of the conditions and the search and clarification of causes that may explain the paradoxical state of the recede of Critical Thought, while it is considered a selective educational goal. In this context, the understanding of Critical Thinking is chosen, within its philosophical matrix, as a precondition for the clarification of the causes that weaken its existence and its results in education, as well as a condition for the discovery of ways to alleviate this weakness. It is attempted to show that the cultivation of Critical Thinking is an imperative obligation of education, not as a selective and opportunistic teaching choice, but, on the basis of its fundamental connection with the history and methodology of philosophy, as a way of redefining the educational culture itself. and the attitude of teachers in the classroom, both towards knowledge and towards the child.
Keywords: philosophy, critical thinking, education.
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L’éducation du caractère: une approche critique
This paper tries to show that character education is an educational program – tool of the educational policy of the countries that implement it, aiming – explicitly and implicitly – at manipulating young people’s way of thinking and behaving, in compliance with predefined standards. Moreover, character education requires and produces the catechism, manipulation, indoctrination and strict teacher-centred discipline, aiming at a defined values’ inculcation and a cogitation and behavior guided modification, through sterile processes of knowledge acquisition, role modeling, deduction and evaluation. Therefore, the aims and practices of character education indicate that do not cultivate the development of a critical and autonomous thinking, thus, strengthening individuals towards a conscious formation of their values choices.
Keywords: character, education, values, indoctrination, catechism, manipulation.
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Du code de déontologie à l’éthique professionnelle
In Greece there is only one general code of deontology and conduct for civil servants, which every employee must know and apply. The reference to professional ethics, however, should generally signal the emphasis of the need for individuals to formulate an ethical conception of the profession (regardless of whether or not there is a given code) instead of simply applying external rules. This configuration is a prerequisite for the functioning of a regulatory framework in the Hellenic public sector.
Keywords: Hellenic public sector, code of professional conduct, professional ethics.
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«La philosophie est-elle ici?»
This article attempts a short presentation of the dispose of philosophy in the curriculum of the Greek educational system. Even though this has been tried again and again to be reflected by important researchers and philosophers, philosophy recommend to appear «in a vacuum, the crack, in the probability of the game» during lessons time.
«When is considered to be early for such teaching but farther when it is too late?»*
Keywords: curriculum, philosophy, educational system.
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Possibilités éthiques et politiques des narrations des enseignants: la responsabilité de l’être-ensemble dans l’espace scolaire
This document presents the result of an exploration of teacher’s narratives about «being-together» at school. The objective was to reflect on the ethical and political possibilities of these stories. The intersubjective encounter in daily life in the school space is analysed. This phenomenon is assumed as the substrate that gives meaning to the school, without thinking about the reasons for our actions, that is, as the intuitive, pre-rational and pre-predicative space where immediate educational action emerges.
It discusses with the apparent unquestionability of an harmonious coexistence and assumes the possibility of wondering widely about what happens to us when we are together at school. The analysis of one of the stories that account for the warp of meaning of daily existence is presented, configured by the stories and tragedies that open possibilities to think of the school as a space for ethical and political coexistence.
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Le Corps immanent à la vie
During my practicum in the Laboratory of the Research on Practical Philosophy (L.R.P.Ph.) of the University of Aegean (Rhodes/Greece), under the responsibility of Professor Elena Theodoropoulou, we carried out diverse discussions on my doctoral investigation topic: «from the graduate student to the novice teacher: the construction of the self». From a Nietzchean philosophical point of view and through the genealogy method, it was found that the concept condensing the rigor of the research object and resolve its enigma is the concept of Body itself and its multiple instinctive drives awaken within the subject as its own potency. The self inhabits the body and it is always listening, looking for itself, comparing, subjugating, conquering and destroying. Our research shows that the recently graduated teacher is Dionysiac and dialectically Apollonian, he/she suffers, desires, looks for perfection, and on occasions, is a rebellious.
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Invisibilité et matérialisme: que peut faire une pensée de la dissumilation?
We grew up and learned to speak and think in a world where visibility is taken for granted. Raised to the position of main sense, we organize our world around the capacity to see. Due to the way our culture deals with visibility, especially in the context of Western thought, the dark, the invisible, the hidden, the occult and the mystery have taken a predominantly negative shape – always requiring a revelation, an illumination that frees the human condition from darkness. This article seeks to find other lines to think about reality, demonstrating first that all visibility comes from structures and institutions whose functioning is outlined by links and power pacts and, second, that these structures only exist in a completely abstract state. Through the reading of authors who think directly or indirectly about hiddenness and/or invisibility in their work, the article seeks to point out an alternative to relate to the world from a radically materialistic perspective: overcoming the abstraction of meaning and visibility as a way of thinking and proposing more tactile ways of becoming sensitive to signs that are not shown.
 Keywords: Invisibility, hiddenness, materialism, signs.
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L’émergence de mots-valises (mots portemanteau) dans la littérature et leur réception deleuzienne
In this paper, we will try to write down and highlight aspects of portemanteau words, as they first appear in literature, and in particular in Lewis Carroll and James Joyce, and then they are received in deleuzian philosophy, starting from Logique du sens, as ‘esoteric’ portemanteau words, paradoxes of voice, which are restricted by, and a priori contradict to, themselves. Gilles Deleuze, having regard to language, games and literature, tries to define and set between sense and non-sense an authentic type of internal relationship, not as a denial of an existing structure, but as a continuous production of sense.
Keywords: portemanteau words, Gilles Deleuze, language, literature, philosophy, sense, non-sense.
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Le caché: une exploration sur le curriculume latent
The research on the meaning of the Latent Curriculum inevitably brings it face to face with the concept of hidden. Apart from the qualities and the extent of what is hidden during the pedagogical and didactic endeavor, a more comprehensive approach to the concept of hiddenness seems necessary, for a trace of the various paths that the concept of hidden may follow to meet, randomly or not, concepts of the field(s) of education such as the Latent Curriculum. Τhis paper, motivated by a bibliography that is not directly related to educational issues, imprints this reflection, examining firstly the concept of hidden and then its relationship to language, myth, magic, ritual, religion, theatre and politics, to arrive at the possible articulation of all this with the meaning of the Latent Curriculum, a possibility that will lead to its redefinition and will illuminate its intersections with Professional Ethics.
Keywords: Hidden Curriculum, Latent Curriculum, hiddenness, hidden, Philosophy of Education.
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La connexion entre l’être humain et l’espace. Environnements théâtraux de désordre
This article attempts an approach to the relationship between human being and space. Our intention is to point out the dynamic interdependencies that lead to emancipation from the established representations of the space. To ask questions in relation to the creative habitation of the space in environments of theatrical ataxia, in order to perceive the relationship between space and human being in the western world, through the context of indicative moments of both historical, social and scientific, philosophical which influenced their coexistence. Focusing on the multiplicity of identities of space in the modern city, while progressively we ΄ll observe the human importance in it, projecting anti-structures that support, encourage, liberate, the relationship between human and space. Particularly, across the theatrical environment we will deliberate, deepen on relation between space, actor and spectator while, we will recognize in the ataxia places where actions are cultivated creating outlets, openings, passages, no – possibilities of transition, constitution of thought and creation of meaning.
 Keywords: Space, human, relationships, emancipation, theater, ataxia.
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L’élément comique dans le roman graphique «Maus: un survivant raconte»
On account of the etymology of the word comics, which derives from the word comic (ancient Greek κωμικός <κῶμος)- in order to declare the goofy and funny content of the early comics- and the existence of structural elements of the medium, which could be characterized as comical such as visual metaphors, framing, graphics, the shaping-distortion of the heroes, we are attempted to detect the comic element in Art Spiegelman’s «Maus», since the graphic novel follows the same code-rules as the comic language. It seems that the author lets the comic element appear verbally, whereas, at the same time, the potential comic structural elements of graphic novels are suppressed. This very tendency regarding «Maus»’ s Holocaust theme (a content deeply traumatic), sets the boundaries of tragic and comic under consideration, but mainly turns the graphic novel itself into a more sophisticated literary version of comics, a conversion that will be of our interest in this paper.
Keywords: comic element, Maus, Holocaust, graphic novel.
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Copyright 2019 – Laboratory of Research on Practical Philosophy (L.R.P.Ph.), University of the Aegean.

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